Qu’est-ce que l’émail ?
L'émail est un verre coloré proche du cristal.
Il est composé de silice, de potasse, de soude et de minium auxquels on ajoute des oxydes métalliques qui le colorent et du plomb pour en améliorer la transparence.
Ces oxydes métalliques sont principalement :
- le cobalt pour le bleu
- le cuivre pour le vert
- le fer et le cuivre pour différentes nuances de rouges
- le manganèse pour le brun et le noir
- le fer et l’alumine pour le jaune
La palette des couleurs est très variable selon les proportions des oxydes utilisés.
L’émail peut-être opaque, translucide ou opale.
En France, il n’existe plus qu’une entreprise fabriquant la poudre d’émail : la cristallerie Saint-Paul, à côté de Limoges.
L’émail peut être déposé sur du cuivre, de l'argent, de l'or, du bronze ou de l'acier (à des fins industrielles).
Sa température de fusion varie de 700 à 850°C
Les émaux et l’histoire
Les premières traces d’émaux (technique proche du cloisonné) furent découvertes aux alentours du VIe siècle avant J.C. en Grèce et en Egypte. L’antiquité celtique et romaine amorça la technique du champlevé sur du bronze en travaillant de petits objets de bijouterie ou des objets décoratifs vestimentaires.
Au VIe siècle, dans l’Empire romain d’Orient, sont créés des émaux cloisonnés sur or extrêmement raffinés. Parallèlement, l’Empire ottoman et l’Empire carolingien au IXe et XIe siècles travaillent la même technique.
La naissance de l’émaillerie à Limoges n’apparaît qu’au Xe siècle avec des thèmes essentiellement religieux. Le travail sur cuivre, moins onéreux, se développe au dépend de l’or et Limoges détient alors une place prépondérante dans l’émaillerie européenne. L’émail se développe également sur Paris et aborde des sujets moins religieux. L’apparition d’émaux transparents sur argent détrône les émaux opaques sur cuivre. L’Extrême-Orient généralise la technique du champlevé et du cloisonné et réalise des objets d’une grande finesse.
Ce n’est qu’au XVe siècle l’émail peint voit le jour.
D’abord utilisé en cloisonné et en champlevé, il devient une technique à part entière grâce à l’élargissement de la palette des couleurs. L’émailleur n’est plus un orfèvre, mais un peintre dont la plaque de cuivre émaillée devient le support.
Une technique propre à Limoges s’impose : la grisaille ; pose d’un émail blanc dit « blanc de Limoges» sur une plaque émaillée noire.
Les émailleurs prônent alors l’émail peint pendant plusieurs siècles au détriment des autres techniques.
Le début du XIXe siècle est marqué par une période inféconde où l’émail n’est plus représenté que dans des bijouteries et horlogeries souvent sous forme de miniatures.
A la deuxième moitié du XIXe surgit un renouveau des techniques du champlevé et du cloisonné qui prend un essor considérable grâce à une forme plus industrialisée de la production (notamment dans l’orfèvrerie ecclésiastique puis dans l’art de la bijouterie). Ce renouveau des techniques d’émaillage fait boule de neige et gagne l’ensemble de l’Europe, de l’Asie et du monde maghrébin.
Au début du XXe siècle, l’émail est influencé par des arts révolutionnaires tels que l’Art Nouveau et l’Art Déco. Les émailleurs s’inspirent de l’impressionnisme, du cubisme et du fauvisme. La matière travaillée est également touchée par ce mouvement.
Plusieurs techniques s’offrent à l’émailleur.
Le champlevé : consiste à déposer l’émail dans des cavités creusées au burin ou à l’acide sur un support métallique assez épais.
Le cloisonné : consiste à fixer sur un support métallique préalablement émaillé de fins fils de cuivre, d’or ou d’argent formant de petites cloisons destinées à créer des cavités pouvant recevoir l’émail.
L’émail peint : consiste à déposer au pinceau différentes couches de peintures vitrifiables sur un support préalablement émaillé selon l’une des méthodes citées précédemment.
L’émail plique-à-jour : cette méthode consiste à déposer des émaux transparents sur un support de cuivre que l’on dissout ensuite à l’acide. On obtient ainsi une transparence assimilable au vitrail.
L'émail basse-taille : Le support métallique est gravé à l'acide et aux échoppes, puis recouvert d'émaux transparents. La transparence de l'émail laisse apparaitre les motifs gravés.